Drones en construction au Canada : guide pratique (2026)
Drones en construction au Canada : relevés de site, suivi de chantier, calcul de volumes, et règles de Transports Canada et de NAV CANADA sur un chantier actif.
Au Canada, les équipes de construction utilisent les drones pour les relevés et la cartographie avant les travaux, les photos d’avancement prises à intervalles réguliers, le calcul des volumes de terrassement et des piles de matériaux, l’inspection des toitures et des façades, ainsi que les images de sécurité et de marketing. Comme la plupart des chantiers comptent des travailleurs au sol et que bon nombre se trouvent dans un espace aérien contrôlé ou à proximité, le pilote a généralement besoin d’un certificat de pilote — opérations avancées de Transports Canada, d’une étude de site avant chaque vol et, près de nombreux aéroports, d’une autorisation de NAV CANADA.
Ce guide présente ce que les drones font sur un chantier, les règles qui comptent quand le chantier est actif, la façon d’intégrer les vols à votre programme de sécurité, et le choix entre un programme à l’interne et l’embauche d’un pilote.
Ce que les drones font sur un chantier
Relevés et cartographie avant les travaux
Un vol de cartographie avant la mobilisation documente l’état des lieux : une orthomosaïque (une grande image aérienne mesurable), un modèle de terrain, le drainage, les accès et les bâtiments voisins. Il aide à planifier les aires d’entreposage et l’emplacement des grues, et constitue un registre daté du site avant le début des travaux. Si vous avez besoin d’une précision de niveau arpentage, renseignez-vous sur les points de contrôle au sol ou le positionnement RTK, et convenez par écrit de la précision attendue.
Suivi de l’avancement des travaux
C’est l’usage le plus courant. Survoler la même zone à la même hauteur et sous les mêmes angles chaque semaine ou chaque mois donne des images que vous pouvez comparer à l’échéancier et transmettre aux propriétaires et aux prêteurs. Documenter les ouvrages avant qu’ils soient recouverts, comme les réseaux souterrains avant le remblayage, justifie souvent un vol à lui seul.
Terrassement et volumes de matériaux
La photogrammétrie ou le LiDAR transforme un vol en surface 3D mesurable, pour suivre les déblais et remblais par rapport aux plans ou mesurer les piles de matériaux sans avoir à les arpenter à pied. Un volume n’est jamais plus précis que le drone, les points de contrôle et le traitement qui le produisent.
Toitures, façades et enveloppe du bâtiment
Un drone peut inspecter un toit, un parapet ou un mur-rideau sans nacelle, sans échafaudage et sans envoyer quelqu’un en bordure de toit, et une caméra thermique ajoute un regard sur l’enveloppe du bâtiment.
Images de sécurité et de marketing
Les images aériennes servent à l’accueil des travailleurs, aux plans de circulation et aux enquêtes après incident, et fournissent des photos pour les soumissions, les comptes rendus aux propriétaires et la clôture du projet.
Les règles qui comptent sur un chantier actif
Les règles sur les drones au Canada se trouvent à la partie IX du Règlement de l’aviation canadien (RAC). Elles s’appliquent au-dessus de votre propre chantier comme partout ailleurs : être propriétaire du terrain ne change rien aux règles de l’espace aérien.
Qui participe à l’opération sur un chantier
Les distances imposées par Transports Canada s’appliquent aux personnes qui ne participent pas à l’opération du drone. Les travailleurs du chantier font partie de l’opération seulement s’ils ont été informés du risque lié au drone et peuvent quitter les lieux s’ils sont mal à l’aise, comme l’explique le Manuel d’information aéronautique de Transports Canada. Toute personne qui n’a pas été informée, comme les autres corps de métier, les livreurs, les visiteurs et les passants sur le trottoir, ne participe pas à l’opération. Les personnes à l’intérieur d’un véhicule ou d’un bâtiment ne sont pas prises en compte pour la distance de 30 mètres.
- Les opérations de base se déroulent dans l’espace aérien non contrôlé, à plus de 30 mètres à l’horizontale des personnes qui ne participent pas à l’opération, jamais au-dessus d’elles, et à plus de 5,6 km du centre d’un aéroport et de 1,9 km du centre d’un héliport.
- Les opérations avancées permettent de voler plus près des gens lorsque le fabricant a déclaré le drone apte à le faire. Une déclaration couvre les vols entre 5 et 30 mètres des personnes; voler à moins de 5 mètres ou au-dessus d’elles en exige une autre (Transports Canada : opérations avancées).
En pratique, planifiez les vols en fonction des personnes présentes : volez avant l’arrivée des équipes ou pendant les pauses, faites passer le drone au-dessus de zones fermées, et informez d’abord l’équipe de chantier et les grutiers.
Chantiers urbains, aéroports et espace aérien contrôlé
De nombreux chantiers urbains se trouvent sous un espace aérien contrôlé (classes C, D ou E) autour des aéroports. Pour y voler, il faut un certificat de pilote — opérations avancées, un drone déclaré apte pour l’espace aérien contrôlé et une autorisation de vol de NAV CANADA, que le pilote demande au moyen de NAV Drone. Selon NAV CANADA, le traitement des demandes peut prendre jusqu’à deux semaines, mais se fait généralement en une semaine; les vols à l’altitude seuil la plus basse de la zone ou sous celle-ci peuvent être approuvés automatiquement (FAQ de NAV Drone). Les zones de contrôle qui ne relèvent pas de NAV CANADA, comme les zones militaires, exigent la permission de l’organisme responsable.
Sur un chantier en ville, vérifiez aussi :
- Les héliports et les aéroports. Les hôpitaux ont souvent un héliport. À moins de 1,9 km d’un héliport ou de 5,6 km d’un aéroport, seuls les pilotes certifiés pour les opérations avancées peuvent voler, en suivant la procédure établie pour cet héliport ou cet aéroport.
- La hauteur et les obstacles. Le plafond normal est de 122 mètres (400 pieds) au-dessus du sol. Les grues à tour, les monte-charges et les fils aériens sont les obstacles les plus importants.
- Les NOTAM. Des restrictions temporaires peuvent s’appliquer le jour du vol.
Depuis le 4 novembre 2025, les pilotes certifiés pour les opérations avancées peuvent aussi effectuer des opérations abritées (« opérations protégées » dans les textes de Transports Canada) : un petit drone vole autour d’un bâtiment ou d’une structure sans que le pilote le voie directement, à moins de 61 mètres à l’horizontale, à au plus 30 mètres au-dessus, et à au moins 30 mètres des personnes qui ne participent pas à l’opération. Cela peut être utile pour le travail sur les façades.
Ce dont le pilote a besoin
- Un certificat de pilote — opérations avancées pour la plupart des travaux de construction : avoir au moins 16 ans, réussir un examen en ligne et un examen de vol.
- Un drone immatriculé. Les drones de 250 g ou plus doivent être immatriculés auprès de Transports Canada et porter leur numéro d’immatriculation. La plupart des opérations avancées exigent aussi un drone que le fabricant a déclaré apte à ce type d’opération.
- Une étude de site. L’article 901.27 du RAC oblige le pilote à examiner les lieux avant le vol : espace aérien et NOTAM, aérodromes à proximité, obstacles comme les fils et les bâtiments, météo et distance des personnes qui ne participent pas à l’opération.
- Une autorisation de NAV CANADA dans l’espace aérien contrôlé.
- Une preuve d’assurance responsabilité. La plupart des entrepreneurs généraux et des propriétaires l’exigent; 2 M$ ou plus est la norme pour les sites commerciaux et industriels.
Intégrer les vols de drone à votre programme de sécurité
Traitez un vol de drone comme toute autre activité du chantier : une procédure propre au site (aire de décollage et d’atterrissage, périmètres d’exclusion, personnes à joindre, marche à suivre si le drone perd sa liaison), une évaluation des dangers mise à jour à mesure que le chantier évolue, et une séance d’information pour que les équipes sachent quand le drone est en vol.
Conservez les dossiers avec ceux du projet. Le RAC oblige le propriétaire du drone à conserver le nom des pilotes et des membres d’équipage ainsi que l’heure de chaque vol pendant 12 mois, et les dossiers de maintenance pendant 24 mois, et à les présenter à Transports Canada sur demande (article 901.48 du RAC). Ajoutez-y l’étude de site, toute autorisation de NAV CANADA et les rapports d’incident, et vous aurez le dossier que demandera un propriétaire, un assureur ou un vérificateur.
Si votre entreprise a un système de gestion de la sécurité, ajoutez-y les vols de drone comme n’importe quel autre risque. Notre guide sur les systèmes de gestion de la sécurité pour les opérations de drones explique comment.
Programme de drones à l’interne ou embauche d’un pilote?
| Programme à l’interne | Embauche d’un pilote | |
|---|---|---|
| Idéal pour | Des vols fréquents sur plusieurs chantiers | Des vols occasionnels, ou des travaux spécialisés en LiDAR, en thermographie ou de niveau arpentage |
| Ce qu’il vous faut | Du personnel certifié pour les opérations avancées, des drones immatriculés, une assurance, des procédures et un logiciel | Un mandat clair, l’accès au site et une séance d’information sur la sécurité |
| Planification | Vous volez quand le chantier en a besoin | Vous composez avec l’horaire du pilote et la météo |
| Dossiers | Vous tenez les dossiers des pilotes, des drones et des vols | Le pilote tient les siens; demandez-en une copie |
| Modèle de coûts | Équipement, formation et temps du personnel | À la tâche, ou contrat récurrent pour les vols d’avancement |
Beaucoup d’entrepreneurs font les deux : des pilotes à l’interne pour les photos d’avancement courantes, et un spécialiste pour la cartographie, le LiDAR ou la thermographie. Si vous embauchez, communiquez vos règles de sécurité et les dangers connus, et vérifiez d’abord le certificat, l’immatriculation et l’assurance du pilote. Notre liste de vérification pour embaucher un pilote de drone présente les questions à poser.
La place de RPAS WILCO
RPAS WILCO est une plateforme d’opérations et de conformité pour drones fondée sur les données aéronautiques officielles de NAV CANADA, distribuées en vertu d’une autorisation. Pour les équipes de construction :
- Vérifier l’espace aérien avant de soumissionner ou de planifier. Consultez n’importe quel site sur la carte Airspace Explorer gratuite pour voir l’espace aérien contrôlé, les aérodromes et les zones réglementées.
- Des études de site en moins d’une minute. L’étude de site automatisée réunit l’espace aérien, les NOTAM, les aérodromes, les obstacles et la météo, avec un PDF à verser au dossier du projet.
- La même zone à chaque vol d’avancement. Enregistrez une fois le périmètre du chantier comme zone de mission réutilisable, ou importez-le à partir d’un fichier KML ou GeoJSON, et chaque vol couvre exactement le même terrain.
- Dossiers de flotte et de pilotes et journaux de vol prêts pour l’audit pour l’ensemble de vos chantiers et de vos équipes.
- Coordination avec les aéroports. Près des aéroports partenaires, Airport Safety Management coordonne les pilotes avec l’aéroport. Cela ne remplace pas une autorisation de NAV CANADA.
- Opérations en direct. RPAS WILCO Fly ajoute la vidéo en direct pour l’équipe de projet, la coordination des équipes, les journaux de vol automatiques et un mode hors ligne sur Android, avec des données hébergées au Canada.
Pour embaucher plutôt, la place de marché RPAS WILCO répertorie des pilotes indépendants partout au Canada. Filtrez par service (comme le suivi de chantier, la cartographie ou le LiDAR), province, secteur et langue, puis contactez les pilotes directement, sans frais de réservation ni commission. C’est à vous de vérifier les titres de compétence de chaque pilote avant de réserver.
Questions fréquentes
Ai-je besoin d’un permis de drone pour survoler mon propre chantier?
Oui, si le drone pèse 250 g ou plus. Être propriétaire du site ne change rien aux règles de l’aviation et, avec des travailleurs au sol, la plupart des vols de chantier exigent un certificat de pilote — opérations avancées.
Les travailleurs du chantier comptent-ils comme des passants?
Pas s’ils ont été informés. Transports Canada considère que les travailleurs informés du risque lié au drone, et qui peuvent quitter les lieux s’ils sont mal à l’aise, font partie de l’opération. Les travailleurs non informés, les visiteurs et le public ne participent pas à l’opération, et les distances s’appliquent donc à eux. Les personnes à l’intérieur d’un véhicule ou d’un bâtiment ne sont pas prises en compte pour la distance de 30 mètres.
À quelle fréquence faut-il faire des vols d’avancement?
Cela dépend du projet et de ce que le propriétaire ou le prêteur veut voir. Un vol par semaine ou par mois est courant, plus des vols aux étapes clés, comme avant le remblayage ou une coulée de béton. Survoler la même zone enregistrée garde les images comparables.
Un drone peut-il mesurer avec précision le volume des piles de matériaux?
Oui, par photogrammétrie ou LiDAR, avec de bons points de contrôle au sol ou un positionnement RTK. Convenez de la précision requise avant le vol.
Combien de temps à l’avance faut-il demander une autorisation de NAV CANADA?
Selon NAV CANADA, le traitement peut prendre jusqu’à deux semaines, mais se fait généralement en une semaine. Les vols bas, sous l’altitude seuil de la zone, peuvent être approuvés automatiquement, et chaque zone de contrôle exige sa propre demande.
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