Passer au contenu
Industry

Drones et feux de forêt au Canada : règles et surveillance

Peut-on faire voler un drone près d'un feu de forêt au Canada? La règle des 9,3 km, comment vérifier les zones de feux et l'apport des drones en surveillance.

9 min de lecture

Non. À moins de voler pour la lutte contre l’incendie, il est illégal au Canada de faire voler un drone au-dessus d’un feu de forêt, ou à moins de 5 milles marins (9,3 km) de celui-ci sous 3 000 pieds au-dessus du sol. La règle figure à l’article 601.15 du Règlement de l’aviation canadien, et elle s’applique qu’un NOTAM ait été publié ou non pour ce feu.

Ce guide présente cette règle et la façon de vérifier la présence de feux avant de voler, puis la manière dont les services de protection contre les incendies de forêt, les entreprises forestières et les consultants en environnement utilisent les drones en région éloignée.

La règle sur les feux de forêt que tout pilote de drone doit connaître

L’article 601.15 du Règlement de l’aviation canadien interdit d’utiliser un aéronef :

  • au-dessus d’une zone d’incendie de forêt, ou de toute région située à cinq milles marins ou moins de celle-ci, à une altitude inférieure à 3 000 pieds AGL;
  • dans tout espace aérien indiqué dans un NOTAM relatif à un feu de forêt délivré en vertu de l’article 601.16.

Un drone est un aéronef au sens du règlement, et les drones volent normalement sous 400 pieds. En pratique, la règle signifie donc : aucun drone à moins de 9,3 km d’un feu de forêt.

Le premier volet n’exige aucun NOTAM : il s’applique autour de chaque feu de forêt dès qu’il existe. Un NOTAM peut fermer un espace aérien supplémentaire là où opèrent les aéronefs de lutte contre les incendies.

Qui peut voler près d’un feu

L’article 601.17 énumère les seules exceptions.

Qui Peut voler près du feu? Règle
Pilotes récréatifs et commerciaux qui ne participent pas à l’intervention Non RAC 601.15
Médias, propriétaires fonciers et vols « pour voir » Non RAC 601.15
Pilotes qui volent à la demande ou avec l’autorisation de l’autorité responsable de la lutte contre l’incendie Oui, pour l’aider dans ses opérations RAC 601.17(1)a)
Exploitants titulaires d’une autorisation écrite du ministre des Transports Oui, selon ses conditions RAC 601.17(1)b)

L’autorisation du ministre vise les vols nécessaires à la sécurité du public ou au soutien d’un aérodrome situé dans la zone d’incendie ou à proximité. Un certificat — opérations avancées, ou une autorisation de NAV CANADA pour l’espace aérien contrôlé, ne vous exempte pas.

Pourquoi c’est important

Les avions-citernes et les hélicoptères opèrent à basse altitude et dans la fumée, là où un petit drone est très difficile à voir. Lorsqu’un drone est repéré près d’un feu de forêt, les équipes doivent suspendre leurs opérations aériennes, ce qui, selon Transports Canada, met des vies en danger.

Le rappel de Transports Canada sur les drones et les feux de forêt, publié en juillet 2026, indique des sanctions administratives pécuniaires pouvant atteindre 3 000 $ pour les particuliers et 15 000 $ pour les entreprises, et les provinces et territoires peuvent y ajouter leurs propres sanctions. Si vous voyez un drone qui représente un danger immédiat pour la sécurité aérienne ou celle du public, composez le 9-1-1.

Ses consignes sur où faire voler votre drone interdisent aussi de voler à l’intérieur du périmètre de sécurité d’une opération d’urgence de la police ou des premiers intervenants, et demandent d’éviter les lieux de catastrophes comme les feux de forêt et les inondations.

Comment vérifier la présence de feux avant de voler

Du printemps à l’automne, la vérification des feux de forêt fait partie de chaque routine prévol, au même titre que l’espace aérien et la météo.

  1. Regardez l’horizon. Un nouveau feu peut brûler pendant des heures avant d’apparaître sur une carte. Si vous voyez une colonne de fumée, ne décollez pas avant de savoir où se trouve le feu.
  2. Vérifiez les NOTAM pour votre site exact. Un NOTAM relatif à un feu de forêt peut fermer un espace aérien supplémentaire autour d’un feu. Consultez-les auprès de NAV CANADA ou dans NAV Drone. Notre guide pour décoder les NOTAM explique le format; les heures sont en UTC.
  3. Consultez une carte des feux. Airspace Explorer, gratuit, affiche les zones de feux de forêt actifs du Système canadien d’information sur les feux de végétation, avec l’espace aérien contrôlé, l’espace aérien réglementé et consultatif de classe F et les aérodromes issus des données officielles de NAV CANADA. Si votre site se trouve près de la limite des 9,3 km d’un feu, ne volez pas.
  4. Consultez le service de protection contre les incendies de votre province ou territoire. Chacun publie les feux actifs, les interdictions de feux à ciel ouvert et les ordres d’évacuation; c’est souvent la source la plus rapide pour un feu qui a éclaté aujourd’hui.

Deux mises en garde. Les couches d’une carte sont mises à jour selon un horaire établi, donc un feu détecté ce matin n’y figure peut-être pas encore. Et les feux se déplacent : un périmètre situé à 12 km au déjeuner peut se retrouver à moins de 9,3 km en milieu d’après-midi. La règle suit le feu, pas la carte.

Dans la plateforme RPAS WILCO complète, la couche Feux de forêt actifs s’affiche sur la même carte que les NOTAM de restriction et l’espace aérien. L’indicateur de préparation de l’application mobile ne tient compte que des règles sur les licences et l’espace aérien, pas des feux ni des NOTAM; vérifiez donc ces couches vous-même. Notre guide de toutes les couches de la carte RPAS WILCO les explique une à une.

Comment les services de lutte contre les incendies et leurs sous-traitants utilisent les drones

Les drones ne remplacent ni les avions-citernes ni les hélicoptères, mais ils offrent aux équipes une vue aérienne à faible coût sans mobiliser un aéronef piloté. Tout ce travail se fait à la demande ou avec l’autorisation de l’autorité responsable de la lutte contre l’incendie, en coordination avec les aéronefs qui travaillent sur le feu.

  • Cartographie du périmètre. Les vols de cartographie donnent au poste de commandement une image à jour du front du feu pour planifier les lignes de contrôle et suivre la progression.
  • Détection des points chauds par imagerie thermique. Les caméras thermiques révèlent la chaleur invisible à l’œil nu, y compris les points chauds qui couvent dans les racines et le sol forestier. C’est particulièrement utile pendant l’extinction finale, près des lignes de contrôle.
  • Opérations de nuit. Lorsque l’autorité responsable les autorise, les vols thermiques peuvent se poursuivre après la tombée de la nuit. Le vol de nuit exige un drone muni de feux qui le rendent visible au pilote ou à l’observateur visuel (RAC 901.39).
  • Vue en direct de la situation. Un flux vidéo en direct permet au poste de commandement et aux spécialistes de voir ce que voit l’équipe de drone, où qu’ils soient.
  • Évaluation après le feu. Les drones cartographient la gravité du brûlage, les structures endommagées, les arbres dangereux le long des routes et des lignes électriques, et les risques d’érosion sur les pentes brûlées.

Pour les entreprises forestières et les services publics, ce travail après le feu peut s’étendre sur des mois.

La surveillance environnementale au-delà des feux

La cartographie, l’imagerie thermique et la vidéo en direct depuis des sites éloignés s’appliquent à la plupart des travaux environnementaux sur le terrain :

  • Inondations. Cartographier l’étendue des crues, les embâcles et les routes et ponceaux endommagés. Restez hors des périmètres d’urgence, sauf si vous travaillez pour l’intervention.
  • Déversements. Documenter un déversement sur terre ou sur l’eau et suivre le nettoyage dans le temps.
  • Rivages et berges. Répéter les relevés pour mesurer l’érosion après les tempêtes et les crues.
  • Inventaires fauniques. Dénombrer et observer la faune lorsque les permis le permettent. De nombreuses espèces et de nombreux sites sont assortis de distances à respecter; vérifiez d’abord auprès de l’organisme responsable.
  • Végétation et habitats. Relevés multispectraux de la santé des forêts, des espèces envahissantes et de la régénération après un feu.

Les parcs nationaux ont leurs propres règles sur l’utilisation des drones; renseignez-vous auprès du parc avant de planifier un vol.

Opérer en région éloignée

C’est en région éloignée que les opérations de drones se compliquent. Prévoyez :

  • L’absence de connexion. Téléchargez les cartes, l’information sur le site et les listes de vérification avant de quitter la zone de couverture, et décidez comment les vols seront consignés sans réseau cellulaire.
  • Le froid, la chaleur et la fumée. Les batteries perdent de la capacité au froid (voir notre guide sur les opérations de drones en hiver), et la chaleur d’un feu crée des courants ascendants et de la turbulence. Si la fumée cache le drone à vous et à votre observateur visuel, vous ne volez plus en visibilité directe.
  • La radio. Convenez d’un plan de communication radio avec l’autorité responsable ou le chef de site avant le décollage, y compris la façon dont on vous demandera d’atterrir à l’arrivée des aéronefs.
  • Les autres aéronefs. Les hydravions, les hélicoptères et les vols d’évacuation médicale volent tous à basse altitude en région éloignée.
  • La distance. Depuis l’entrée en vigueur des règles de la Phase 2 le 4 novembre 2025, les vols BVLOS à moindre risque au-dessus de zones peu peuplées peuvent relever des opérations complexes de niveau 1 : un certificat de pilote — opérations complexes de niveau 1, un certificat d’exploitant de SATP (CES) et un drone qui fait l’objet de la bonne déclaration d’assurance de la sécurité. Au-delà, un certificat d’opérations aériennes spécialisées (COAS) reste nécessaire.

Notez que l’autorisation d’une autorité de lutte contre les incendies vous exempte uniquement de la restriction relative aux feux de forêt. Le reste des règles sur les drones s’applique toujours.

La place de RPAS WILCO

RPAS WILCO ne pilote pas de drones et ne combat pas les feux. Il fournit aux pilotes et aux équipes les outils qui entourent le vol.

  • Avant le vol. Airspace Explorer, gratuit, permet une vérification rapide de l’espace aérien, des aérodromes et des zones de feux de forêt. RPAS WILCO ajoute la planification de vol, les évaluations de site et la vérification des NOTAM, à partir des données officielles de NAV CANADA que RPAS WILCO est autorisé à distribuer.
  • Pendant le vol. Lorsque l’équipe dispose d’une connexion de données, RPAS WILCO Fly diffuse la vidéo du drone en direct à l’équipe, pour que des spécialistes éloignés voient les lignes de feu, les inondations ou les déversements pendant le vol. Les équipes se coordonnent dans la même application Android.
  • Après le vol. Les vols sont consignés automatiquement. Sur les sites éloignés sans connexion, ils sont enregistrés hors ligne sur l’appareil et synchronisés avec RPAS WILCO plus tard, pour des dossiers complets et prêts pour un audit. Les données de vol sont stockées au Canada.

Questions fréquentes

Puis-je faire voler mon drone près d’un feu de forêt au Canada?

Non, sauf si vous volez pour la lutte contre l’incendie. L’article 601.15 interdit de voler au-dessus d’une zone d’incendie de forêt, ou à moins de 5 milles marins (9,3 km) de celle-ci, sous 3 000 pieds AGL.

La règle s’applique-t-elle s’il n’y a pas de NOTAM?

Oui. La restriction de 5 milles marins s’applique d’elle-même autour de chaque feu de forêt. Un NOTAM peut fermer un espace aérien supplémentaire.

Puis-je survoler ma propre propriété si un feu est à proximité?

Non. Être propriétaire du terrain ne crée aucune exception. À moins de 9,3 km d’un feu, gardez le drone au sol.

Comment vérifier la présence de feux près de mon site de vol?

Consultez les NOTAM, une carte des feux comme Airspace Explorer, gratuit, et le service de protection contre les incendies de votre province ou territoire. Si vous voyez de la fumée à proximité, ne décollez pas avant de savoir où se trouve le feu.

Comment une équipe de drones peut-elle appuyer la lutte contre un feu de forêt?

Communiquez d’abord avec l’organisme responsable du feu. Volez uniquement à sa demande ou avec son autorisation, et suivez ses directives et son plan radio sur place.

Avant de voler

Vérifiez les zones de feux de forêt sur la carte

Consultez l'espace aérien contrôlé, les aérodromes et les zones de feux de forêt partout au Canada sur Airspace Explorer, gratuit, avec les données officielles de NAV CANADA.

  • Approuvé par plus de 50 000 pilotes de drones au Canada
  • Distributeur officiel de données NAV CANADA